La cuisine méditerranéenne, telle qu'on la mange ici

Le « régime méditerranéen » est devenu un argument de santé publique, inscrit depuis 2010 au patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO. Chez nous, ce n'est pas un régime : c'est simplement la façon de faire les courses et de cuisiner. Beaucoup de nos voyageurs arrivent en se demandant ce qu'ils vont bien pouvoir cuisiner dans la cuisine équipée de la maison. En trois jours, ils ont compris : ici, on achète ce qui est mûr, on ajoute de l'huile d'olive, et on n'en fait pas trop.
La base : cinq ingrédients et beaucoup de patience
L'huile d'olive d'abord. La Provence en produit d'excellentes, et l'on trouve à quelques minutes de la maison des moulins et des producteurs qui vendent en direct. Une bonne huile fraîche a un goût d'herbe coupée et picote légèrement la gorge — c'est bon signe.
Ensuite : les légumes du soleil (tomates, courgettes, aubergines, poivrons), l'ail, les herbes (thym, romarin, sarriette, basilic — le thym et le romarin poussent sauvage dans les collines juste au-dessus du jardin), et le poisson. Peu de viande, peu de beurre, peu de sucre. C'est tout.
Les marchés autour de Ceyreste
- La Ciotat — marché le mardi et le dimanche matin sur le vieux port, l'un des plus agréables de la côte : poissons débarqués le matin, olives, fromages de chèvre, fruits de saison. À 15 minutes.
- Ceyreste — petit marché de village, parfait pour le pain, quelques légumes et discuter avec les habitants. À 5 minutes.
- Cassis — marché le mercredi et le vendredi matin, place Baragnon. À 20 minutes.
- Saint-Cyr-sur-Mer / Les Lecques — marché le dimanche matin. À 20 minutes.
- Aubagne — grand marché provençal le mardi, jeudi, samedi et dimanche. À 25 minutes.
Mon conseil : allez au marché tôt (avant 10 h), achetez pour deux jours maximum, et laissez-vous guider par ce qui est visiblement de saison. En juin, les abricots et les premières tomates. En août, les figues et les melons. En octobre, les raisins, les courges et les premières olives.

Cinq recettes que je recommande à nos voyageurs
1. La salade de tomates, tout simplement. Tomates du marché, huile d'olive, fleur de sel, basilic cueilli dans le jardin. Rien d'autre. Si les tomates sont bonnes, c'est un plat entier.
2. La ratatouille. Chaque légume cuit séparément dans l'huile d'olive, puis réunis à la fin. C'est long — une bonne heure — et c'est meilleur réchauffé le lendemain. La version rapide « tout dans la poêle » n'est pas la même chose.
3. Le poisson grillé à la plancha. La maison est équipée d'une plancha électrique, et c'est de loin ce que nos voyageurs utilisent le plus. Un loup, une daurade ou des sardines achetés le matin sur le port, du citron, de l'huile, du thym. Vingt minutes.
4. L'aïoli. Le plat du dimanche : morue dessalée, légumes vapeur, œuf dur, et cette mayonnaise à l'ail qu'on monte à la main. Un plat de partage, idéal pour un déjeuner à l'ombre du jardin.
5. La tapenade et la pompe à l'huile. L'apéritif provençal : olives noires ou vertes mixées avec anchois, câpres et huile d'olive, sur du pain grillé. Et pour le dessert, la pompe à l'huile, cette brioche plate à l'huile d'olive et à la fleur d'oranger qui fait partie des treize desserts de Noël.
Les vins : Cassis et Bandol, à quelques minutes
Nous avons la chance rare d'être entre deux appellations remarquables.
- Cassis (à 20 minutes) est surtout connu pour ses blancs, à base de marsanne et de clairette, qui accompagnent parfaitement les poissons et l'aïoli. C'est l'une des plus anciennes AOC de France, reconnue dès 1936.
- Bandol (à 30 minutes) produit des rouges de garde à base de mourvèdre, puissants et épicés, et des rosés d'excellente réputation.
Plusieurs domaines des deux appellations proposent des visites et des dégustations. Je donne volontiers mes adresses préférées à nos hôtes — celles où l'on est reçu par le vigneron lui-même.

Manger au restaurant : ce que je conseille
Sur le vieux port de La Ciotat, on mange du poisson frais avec vue sur les bateaux. À Figuerolles, on déjeune les pieds presque dans l'eau. À Cassis, les terrasses du port sont plus touristiques mais l'ambiance en vaut la peine une fois. Et dans les collines, quelques tables de village servent une cuisine familiale sans prétention, à des prix qui n'ont rien à voir avec ceux du bord de mer.
Comme chaque année les établissements changent, je préfère donner mes recommandations du moment de vive voix, à l'arrivée — c'est plus fiable qu'une liste écrite.
Le repas de bienvenue
Il y a une tradition à La Grange au Pin : à votre arrivée, un repas provençal fait maison vous attend. Ce n'est pas un service hôtelier, c'est ma façon de dire bienvenue dans le Sud. Beaucoup de nos voyageurs en parlent dans leurs avis, et certains disent que c'est le souvenir le plus fort de leur séjour. Avec le décalage du voyage, la chaleur et la fatigue, un plat déjà prêt et un verre de rosé sur la terrasse, ça change tout.
Sources et pour aller plus loin : Régime méditerranéen — UNESCO, AOC Cassis, Vins de Bandol, Office de tourisme de La Ciotat.

Sources
- Régime méditerranéen — UNESCOich.unesco.org/fr/RL/la-dieta-mediterranea-00884
- AOC Cassiswww.vinsdecassis.com
- Vins de Bandolwww.vinsdebandol.com
- Office de tourisme de La Ciotatwww.lacitatourisme.com
★ 4,87/5 · 65 avis
La Grange au Pin de Ceyreste
Mas provençal avec piscine privée — Ceyreste, entre Cassis et La Ciotat